Matière première. Revue d’épistémologie
Cette revue pluridisciplinaire a pour but de présenter des débats contemporains sur des questions classiques de la philosophie des sciences, avec leur portée métaphysique et ontologique, questions dont la récurrence les conduit à être perpétuellement actuelles. Tout en insistant sur les données les plus récentes, la revue Matière première fait place à une perspective historique qui montre que ces débats sont en permanence requalifiés par le renouvellement du questionnement philosophique et par les apports des sciences positives. Il s’agira aussi d’examiner des questions souvent négligées. Dans le cadre d’un dialogue science-philosophie, on insistera sur les problématiques classiques du matérialisme comme le monisme ontologique et l’immanence, ainsi que sur des questions plus récentes comme la naturalisation de l’épistémologie et de nombreux autres domaines. Nous souhaitons ainsi poser d’une manière ouverte la question de l’unité/diversité de la science. C’est dans la pluridisciplinarité que nous pensons trouver, par des opérations épistémologiques sans doute encore à dégager, les moyens d’une réflexion sur les concepts scientifiques, les types d’explications et les entités qui évite la disjonction tout en se préoccupant de leurs spécificités respectives. Nous faisons le pari que le matérialisme est un cadre fécond pour ces réflexions et particulièrement approprié pour construire une ontologie évitant les dualismes de tous ordres sans fondre toutes les différences. La perspective matérialiste peut tout aussi bien s’accorder avec une vision de la pluralité des démarches scientifiques comme autant d’épistémologies régionales, qu’avec le projet de l’unification des sciences. En ce sens, les matérialismes sont irréductibles à toute doctrine définitive. Cette revue voudrait, entre autres buts, être le lieu de ces questionnements en articulant leur traitement sur le terrain scientifique et la réflexion épistémologique et philosophique. Cela suppose, selon nous, de pluraliser et de reconstruire en permanence le matérialisme tout en assumant pleinement sa fonction critique et sa vigilance. Nous aurons aussi à poser la question des rapports – agonistiques ou connexes – du matérialisme et des autres doctrines à vocation épistémologique et gnoséologique. De même, il faudra préciser et examiner les relations qu’entretiennent les différentes formes contemporaines de matérialismes que sont ou semblent être le naturalisme, le physicalisme, le matérialisme réductionniste, le matérialisme non réductionniste, tels qu’ils sont amplement développés par la philosophie des sciences dans le monde universitaire de langue anglaise. Cette revue est en grande partie consacrée à recueillir les actes du séminaire d’épistémologie que nous organisons depuis cinq ans. En voici un bref rappel : 1) Séminaire 2005-2006 au Collège de France : « Réductions et émergences ». 2) Séminaire 2006-2007 au Muséum national d’histoire naturelle : « Explication, modélisation et simulation ». 3) Séminaires 2007-2008 à l’Institut Jean Nicod : « Causalité, santé et médecine ». 4) Séminaire 2008-2009 au Centre Cavaillès : « Produire l’éthique : éthique, matérialisme et sciences ». 5) Séminaire 2009-2010 au Centre Cavaillès : « Un univers de variables cachées ? La question de (in)déterminismes en sciences ».

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